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Abstracts/résumés/resúmenes

CONTRACEPTION TRANSDERMIQUE



Serfaty, D.

Hôpital Saint-Louis, Paris. Société Francophone de Contraception.

Les stéroïdes se sont avérés être d'excellents candidats pour une administration au travers de la peau. Ceci est un fait acquis en particulier en hormonothérapie substitutive de la ménopause sous forme de patchs ou de gels. Mais en contraception hormonale la voie transcutanée en est à ses débuts. La progestérone est rapidement métabolisée dans la peau humaine en déhydroprogestérone inactive sous l'effet de la 5a réductase cutanée, ce qui 'est pas le cas d'autres progestatifs non substrats de cette enzyme. lesquels se sont montrés capables de franchir la barriére cutanée (R. Sitrak-Ware, 1998).

Plusieurs publications mentionnent des systèmes contraceptifs transdermiques. Il s'agit soit de progestatifs (par example le gel ou le bracelet au nestorone, progestatif 19 norprogestérone), soit d'associations estroprogestatives.

Le patch contraceptif estroprogestatif Evra* (Laboratoires Janssen-Cilag), en principe bientôt disponible en France, diffuse quotidiennement 150 µg de norelgestromine (17-déacétyl norgestimate) (17d-NGM) et 20 µg d'éthinylestradiol (EE). Il mesure 20 cm2 . C'est un patch hebdomadaire : 1 patch par semaine pendant 3 semaines suivies d'une semaine sans patch.

Ce patch est associé à des concentrations plasmatiques de 17d-NGM et d'EE comparables à celles constatées sous pilule Cilest(r) et ce, indépendamment du site anatomique d'application ou d'un éventuel contact avec de l'eau. Ces concentrations sont maintenues même en cas de retard de changement de patch n'excedant pas 2 jours.

Cette voie d'administration permet une cinétique optimale. Les taux hormonaux plasmatiques sont en effet constants, sans pies, comme c'est le cas sous contraception orale.

Selon deux études cliniques multicentriques (J. Guillebaud et al. : B. Hédon et al.) (dont une est comparative versus Mercilon(r)) rapportées en Septembre 2000 à Washington (FIGO), le patch Evra(r) semble avoir une efficacité et une tolérance comparables à celles des contraceptifs oraux combinés mais son observance semble meilleure. Une étude mentionne un taux de mastodynies plus élevé sous Evra(r) que sous Mercilon(r). Enfin, le taux de décollement du patch rapporte est de 1 à 2%.

La première étude publiée d'un essai clinique sur la contraception transdermique est celle de M.-C. AUDET et al. (JAMA 2000; 215 : 2347-2354). Il s'agit d'une étude randomisée comparant chez 1417 femmes le patch Evra(r) à un contraceptif oral triphasique au lèvonorgestrel. Les résultats de cette étude confirment ceux rapportés à Washington en 2000.

Un autre patch contraceptif diffusant du gestodène et de l'éthinylestradiol est mentionné dans la littérature (Laboratoires Schering) (Études cliniques de phase II).

En dehors d'une meilleure observance, l'autre intérêt potentiel du patch contraceptif est sa tolérance métabolique. En évitant le premier passage hépatique, on évite aussi la stimulation enzymatique d'où respect des paramètres lipidiques et des protéines de la coagulation.

Le patch estroprogestatif va sûrement élargir l'éventail des méthodes de contraception actuellement disponibles en France. Il faut cependant que l'adhésivité de ces patchs soit constamment parfaite et que l'acceptabilité de cette contraception visible soit évaluée en particulier à long terme.


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